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Parc Favols

Parc Favols

Parc Favols

De la vigne à l’écrin de verdure

Pendant plus de quatre siècles, la dynastie des Barons de Montferrand « régna » sur l’ensemble de la Presqu’île, de la pointe d’Ambès au nord, à Lormont et Yvrac au sud. Elle en possédait toutes les terres. Leur château principal se trouvait sur l’emplacement actuel du parc Beauval, à Bassens. Mais, au gré des successions et des guerres, cette domination s’affaiblit et au, XVIe siècle, l’immense domaine des Montferrand fut morcelé et vendu, en particulier à de riches bourgeois bordelais. C’est ainsi qu’en 1588, ce qui est aujourd’hui notre domaine de Favols fut acheté par un certain Sauvat de Ferran.


Sur la carte que Cassini dressa à la demande de Louis XV, figure déjà le domaine Favols. Nous ignorons cependant l’origine de ce nom. Nous sommes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Cette belle et
importante maison noble appartient alors à Jean-Luc de Barret, écuyer et greffier en chef du Parlement de Guyenne. Ensuite, sur des documents de juillet 1783, elle apparaît comme appartenant à sa veuve, Marie de Maurel. Plusieurs propriétaires se succéderont jusqu’à nos jours :

 

Bellair
Lhortet-Meunier, juge de paix du canton et Maire de Bassens – Carbon-Blanc qui ne forment alors qu’une seule commune. Son tombeau est dans notre cimetière
Douat Pierre dit Auguste, Capitaine au long cours, qui achètera en 1844 le château de Bonlieu (ancienne abbaye)

Veuve Douat, épouse du précédent décédé en 1875
Fouquet qui figure dans des registres en 1898
Peynaud qui apparaît en 1925
Blouin, en 1932
Francolon, enfin, qui semble avoir acheté le domaine en 1934. C’est la famille Francolon qui le vendra à la Commune de Carbon-Blanc.


Avec ses 5 hectares presque tous plantés de vigne et d’un peu d’herbages pour le troupeau bovin, le domaine Favols était le plus important de la commune. Il permettait à son propriétaire de vivre uniquement de sa production de vin. En feuilletant le Féret, qui dresse chaque année un inventaire-classement des vins de
la Gironde, on peut lire qu’en 1868, Favols a produit 90 tonneaux (c’est-à-dire 90 barriques bordelaises de 225 l) ; grâce à des améliorations de culture, cette production a été portée à 140 tonneaux en 1874, pour se stabiliser ensuite autour de 120 tonneaux.


La production est essentiellement du vin rouge. Il faut rappeler ici qu’à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, Carbon-Blanc comptait une quarantaine de propriétés viticoles, de la plus modeste (avec 4 barriques à la plus importante avec 120 barriques), pour une population ne dépassant pas 900 habitants. Favols possède un assez important troupeau de vaches laitières. Une dizaine sera encore là (les dernières d’ailleurs à Carbon-
Blanc) avant la vente du domaine à la commune au début des années 1980. La vente de lait est très locale et le soir, vers 18 heures quand les vaches sont rentrées et le lait tiré, bon nombre de ménagères ou d’enfants
vont s’approvisionner « chez Francolon », leur bidon à la main (on ne connaît pas encore le lait en brick !). Ces vaches, deux chevaux de trait et les porcs logent dans ce local devenu la « Maison Pour Tous Ludovic Trarieux » ; tous les habitants successifs ne se ressemblent pas !


Dignement, noblement, sereinement, presque maternellement, cette belle demeure dont le portail de la cour est l’oeuvre d’un forgeron local, grand-père de Monsieur Halet, va voir se construire autour d’elle d’abord l’église de 1847 à 1848 ; notons qu’en 1849, le propriétaire de Favols, Monsieur Lhortet-Meunier, offrira 8 barriques de vin du millésime 1847 pour accompagner certaines cérémonies lors de l’érection de Carbon-Blanc en paroisse
autonome (il faut croire qu’elles ne furent pas uniquement consommées en vin de messe !). Puis, Favols surveille la construction de la deuxième gendarmerie, en 1931, celle de l’école Barbou en 1933, qui d’ailleurs toutes les deux, lui tournent un peu le dos. Ensuite, ce sera encore tout près d’elle la troisième gendarmerie en 1984. Et
enfin, la halle et l’importante résidence qui prennent son nom, comme dans une sorte d’adoption plénière.

  « - Dites-moi ! Après presque 250 ans d’existence, comment va Favols ? »

  « - Favols va très bien ! Merci. »

Mais la vue de toutes ces constructions autour du domaine Favols, doivent lui donner envie de se transformer, lui aussi, sitôt après son achat par la commune décidé en octobre 1981. Dans la première aile, une salle de cinéma
et spectacles avec loges est ouverte en 1987, voisinant avec les locaux de l’école de musique. L’aile droite est entièrement réservée à la Médiathèque, inaugurée le 13 octobre 1990 par Laurent Fabius. Il fallait aussi se « faire une beauté » : ce sera en 1993 et 1995 avec l’aménagement du parc dans son état actuel. En 1998, est inaugurée la 3ème aile et sa grande salle polyvalente. Et nous voici arrivés au 10 février 2007 dans la nouvelle « Maison Pour Tous Ludovic Trarieux ».

Contact :
Yves Castex : Tél. 05 56 06 32 03
Courriel : yvescastex@orange.fr


Sources
Archives municipales, archives paroissiales, archives départementales, archives personnelles, nourries de témoignages oraux / Le Pays de Montferrand par JP Grasset, P Jean, JL Pastureau / Les Châteaux de la Gironde (tome 3) de Edouard Guillon - 1868 / Classement des vins par ordre de mérite, par Cocks et Féret – de 1868 à 1908 / Statistique générale Gironde par Edouard Féret 1874-1880.