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Etiennette Ferraza

Portrait d' Etiennette Ferrazza, retraité carbonblanais et philosophe optimiste au quotidien (Carbon-Blanc Magazine n°111)


Son enfance :

« Née à Més, près de Dax d’un père basque etd’une mère landaise, j’ai été élevée par mes grands-parents landais, Jean et Anna, avec mon frère car notre mère nous a eu très jeune. J’ai passé une enfance remplie d’amour et d’affection même si nous n’avions pas beaucoup d’argent. »

Parlez nous de votre vie ?

« J’ai quitté ma région pour me marier avec un bassenais,d’origine italienne, un homme vaillant. Nous avons eu quatre magnifiques enfants (deux filles et deux garçons). J’ai été femme au foyer jusqu’à la mort de mon mari en 1974 tout en l’aidant au magasin. A 46 ans, j’ai donc dû travailler à l’usine pendant 12 ans pour gagner de l’argent et faire vivre mes enfants. Ils sont tout pour moi, je leur ai consacré une grande partie de ma vie. Mes enfants m’ont donné de beaux petits enfants (des filles et un garçon). La vie ne m’a pas épargnée. J’ai perdu une des mes filles. Elle avait 39 ans… Malgré tout, je garde le sourire et relativise, je suis en vie. Et la vie est belle. Mes enfants s’occupent très bien de moi. Mon fils aîné m’appelle tous les jours pour me demander des nouvelles. Ma belle-fille et mes petits enfants aussi sont là et viennent me rendre visite. »

Comment êtes-vous arrivée à Carbon- Blanc ?

« Mon mari était de Bassens et y possédait un commerce, une cave à vin, je l’aidais de temps en temps à son travail tout en élevant nos quatre enfants. Nous avons déménagé sur Carbon-Blanc ; puis mon mari est parti travailler dans l’entreprise COFAZ. Nous avons emménagé dans la Résidence Triviaux qui n’était pas très chère à l’époque. Cela fait plus de quarante ans maintenant. Même après la mort de mon mari, j’ai voulu rester ici car je me sens bien, j’ai mes amis, je suis près de toutes les commodités (commerces, santé, etc.). »


Pouvez-vous nous décrire la ville à cette époque ?

« Il n’y avait pas grand-chose quand je suis arrivée avec mon mari, c’était une ville entourée de vignes. On avait à disposition quelques commerces (épiciers,pressing, marchands de grains…). La mairie faisait l’angle. »

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué depuis votre naissance ?

« Ce qui m’a le plus surpris ce sont les grandes constructions et les grands magasins qui ont transformé les paysages urbains. Mon mari lui serait choqué de tout ce changement. Le problème de ces grands magasins est qu’ils ont peu à peu tué les petits commerces. »

Que retenez-vous de votre vie ?

« J’aime le contact humain, partager avec les gens.Mes cinq voisines viennent régulièrement me voir. Ce contact est en train de se perdre. Aujourd’hui,il n’y a plus de place pour les sentiments… seul le profit compte. J‘ai peur pour l’avenir de mes petits enfants. Je préfère rester chez moi entourée des miens, qu’être en maison de retraite. A 80 ans,malgré tous les événements qui me sont arrivés dans ma vie, je reste positive cela me dynamise,cela doit être mon caractère basque qui ressort (rires). Je souhaite voir encore longtemps le soleilse lever… »