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André Lagarde

Portrait d'André Lagarde, Carbonblanais, retraité ( Carbon-Blanc Magazine n°107)



Au croisement des destins

Français, avec des origines vietnamiennes du côté de son grand père, André Lagarde, 80 ans a eu une vie  exceptionnelle. Issu d’une famille de 10 enfants, 9 garçons et une fille, il naît au Vietnam et y vit pendant une quinzaine d’années.

« Vers 17 ans et demi, je rate mon bac et m’engage dans l’armée… J’y rencontre entre autres Jacques Chancel qui était alors sergent des transmissions.» Parmi les nombreuses anecdotes troublantes figure une rencontre à l’école française au Vietnam… il y croise un jeune japonais brillant dont le papa était photographe. Le jeune homme périra comme kamikaze en 1945…


« Apocalypse now… »


En 1952, à 22 ans, un capitaine le contacte pour une mission délicate : sauter en parachute… au dessus du « Triangle d’or » dans la jungle au Laos… pour contrecarrer le trafic d’opium qui était  échangé contre des armes…
Son poids « plume » le sauve d’une mort certaine : porté plus loin qu’il ne faudrait, il atterrit loin de l’endroit convenu et échappe à un escadron ennemi. Blessé, il survit en s’alimentant de fourmis et de la végétation dans la jungle… Evitant tigres, singes et serpents, il descend le « fleuve rouge », est recueilli puis aidé par des villageois
qui le cachent des bataillons ennemis. Il se sert du sel comme moyen d’échange pour réussir sa mission. En 1954, il effectue une deuxième mission délicate à Dien Bien Phu. Il fait partie d’une petite garnison face à quatre divisions vietnamiennes… Son frère est blessé à la tête par un tir de mortier… André parvient à s’échapper à la nage en rentrant par le Laos…Il recevra une Médaille militaire avec plusieurs citations.


En 1957, il part en Algérie où il a la responsabilité de l’entretien technique de la ligne de démarcation à la frontière tunisienne. Il se marie et aura quatre enfants. En 1960, il revient en France à Agen comme instructeur des transmissions… il passe des concours et est affecté dans le civil au Ministère de l’Intérieur comme Inspecteur
des Transmissions Interministérielles à Metz. Il termine sa carrière à Bordeaux comme Inspecteur Principal des Transmissions. En témoignage de leur attachement à la commune, André Lagarde et son épouse ont fait don à la ville d’une collection d’assiettes « Carbon-Blanc d’autrefois » faisant ainsi revivre l’âme de la ville, son passé, sa fierté et sa tradition.


Son fils aîné, également carbonblanais, est chef de la section Radiothérapie à l’hôpital Bergonnier (guérison du cancer par laser). Il a soigné puis épousé une consul d’Allemagne…
« J’ai eu une vie heureuse… » poursuit André « Ces dernières années, je me suis passionné pour la photographie : pour moi, c’est un signe fort d’amitié, la seule qualité qui permet de s’enrichir… en donnant, nous recevons beaucoup !... « Métis » et de par le « sang mêlé » après 4 générations, je dois à ce merveilleux
Pays : la reconnaissance, la fierté et l’honneur d’être français de coeur, de culture et de sang… Je souhaite que toujours l’olivier et l’amandier vivent sous le même ciel…».